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Réunion du réseau européen de l'IREL : «Cela peut faire une vraie différence dans nos sociétés»

14/11/2023

Sommaire

L'importance de la dissémination de l'information scientifique sur les religions, en particulier dans les systèmes éducatifs, a été le principal objet de discussion lors de la réunion bisannuelle du réseau européen de l'IREL qui a eu lieu le vendredi 10 novembre au Campus Condorcet. En plus de l'équipe de l'IREL étaient présents Wanda Alberts (Allemagne, Leibniz Universität Hannover), Maria Chiara Giorda (Italie, Roma Tre), Tim Jensen (Danemark, Syddansk Universitet), Patrick Loobuyck (Belgique, Universiteit Antwerpen) et Norman Richardson (Irlande du Nord, Stranmillis University College).

 

Tous les participants se sont félicités de la participation de l'IREL et son réseau à la Rencontre européenne des administrations des affaires religieuses de 28 pays européens le 9 novembre, organisée par le ministère de l'Intérieur qui a permis de mieux comprendre les défis auxquelles ces administrations sont confrontées, la variété de leurs modes d'organisation et le besoin d'échanges sur les évolutions religieuses et convictionnelles entre chercheurs et personnes en responsabilité.

 

En Irlande du Nord, Norman Richardson parle de sa participation aux efforts de réforme pour rendre le système d'éducation (très séparé entre les écoles publiques de facto fréquentées par les protestants et les écoles privées pour catholiques) plus inclusif, l'une des difficultés étant l'absence actuelle de gouvernement effectif.

 

En Belgique, Patrick Loobuyck rend compte des deux principales nouveautés : le retour au premier plan en Flandres des abus sexuels dans l'Église catholique après la diffusion de documentaires télévisés sur la question et malgré la mise en place de procédures spécifiques depuis une dizaine d'années, l'accès des bouddhistes au statut de conviction non-confessionnelle, ce qui devrait forcer à changer la constitution belge et accélérer la remise en question des cours de religion, garantis par cette constitution mais déjà très contestés côté francophone.

 

En Allemagne où les cours de religion (organisés différemment selon les Länder) sont aussi menacés du fait d'une désaffection croissante, Wanda Alberts fait part d'un travail sur ce que l'on enseigne aux élèves à propos des religions en dehors de ces cours confessionnels … c'est à dire à peu près rien. Elle espère que les résultats de ce travail vont permettre une réflexion pour trouver un autre modèle d'enseignement sur les religions.

 

Au Danemark, Tim Jensen expose les différences entre les lycées où existent des programmes de formation très aboutis sur ces questions pour les professeurs et basés sur la recherche académique, et les écoles primaires où domine encore une approche« crypto-confessionnelle », favorisée par les proximités entre les politiques et les théologiens conservateurs. Pour lui, l'important est que les enfants d'immigrés musulmans aient accès à une éducation sécularisée mais aussi que cette éducation sécularisée ne soit pas focalisée sur l'islam. 

 

En Italie, Maria Chiara Giorda signale qu'il n'y a plus de débat sur l'éducation religieuse à l'école à cause des difficultés politiques au niveau national et de l'inscription de son principe dans la Constitution (en plus des difficultés de l'État à intégrer l'islam et l'orthodoxie dans le système). Mais les Masters en sciences des religions fonctionnent bien et sont suivis par de nombreuses personnes souhaitant être professeurs de religion. Et à la différence du niveau national, les chercheurs peuvent travailler beaucoup plus facilement avec le personnel politique local. Une Consulta universitaire pour l'histoire des religions s'est constituée depuis 5 ans pour améliorer la coordination et le rôle de ces approches scientifiques dans la vie publique.

 

Si les situations sont différentes, les défis sont étonnamment les mêmes : 

 

« Les élèves entrent à l'école en tant qu'élèves, non en tant que chrétiens ou musulmans. Il nous faut trouver un langage différent. Ce n'est pas un manque de respect mais il nous faut étudier les religions, ce n'est pas plus sensible que la biologie. Cela peut bien-sûr être inspirant, on ne peut pas l'empêcher … mais ce n'est pas notre travail » (Tim Jensen).

 

« Il nous faut réfléchir à comment cette connaissance sur les religions est produite et comment elle peut atteindre les professeurs et les administrations, cela peut faire une vraie différence dans nos sociétés » (Wanda Alberts).

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Sous la direction de Dominique AVON, Isabelle SAINT-MARTIN et John TOLAN
Le but : comparer les manuels d’histoire de fin de cycle secondaire mais aussi prendre en considération les pratiques scolaires, ainsi que les différentes catégories d’acteurs impliqués dans l’élaboration des contenus. L’objet : examiner le religieux, le(s) fait(s) religieux, les...

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Théorie de l’évolution et religions
Sous la direction de Philippe PORTIER, Michel VEUILLE et Jean-Paul WILLAIME. Actes du colloque des 14 et 15 mai 2009 au Lycée Henri IV

 

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