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La naissance de Vénus

Par Ferrec Solenn

Programme Histoire des arts (collège et option facultative Seconde)


Sommaire

Définition et présentation du sujet

Vénus (Aphrodite)

Selon Homère (Iliade, V, 370), Aphrodite serait la fille de Zeus et de l’Océanide Dioné, tandis que, pour Hésiode (Théogonie, 190-200), Aphrodite serait née de la mer fécondée par les organes génitaux d’Ouranos, coupés par Kronos. Hésiode situe l’événement à Cythère « où la force humide/du Zéphyr en soufflant/ l’a portée sur les flots/ de la mer à la grande voix/ dans une douce écume ». Aucune référence antique ne mentionne l’existence d’une conque qui fait office de nef divine dans nombre de représentations dès l’Antiquité gréco-romaine.

Le mythe à travers un tableau emblématique : La naissance de Vénus, BOTTICELLI, 1478, musée des Offices, Florence

Des sources littéraires antiques (Théogonie d’Hésiode et Hymnes homériques) mais une œuvre emblématique qui date de la Renaissance : La naissance de Vénus, de BOTTICELLI, 1478, tempera sur toile, musée des Offices de Florence.

Références claires à l’Hymne homérique à Aphrodite (Hymne 6)

« La belle Aphrodite pudique », dont les longs cheveux d’or masquent le pubis et qui pose sa main droite sur l’un de ses seins, est figurée au moment où sa conque accoste sur l’île de Chypre. Sur la gauche du tableau, on repère Zéphyr dont le souffle « l’a portée sur les flots de la mer ». Sa position oblique penchée vers la droite du tableau, la courbure légère de ses jambes, l’ouverture de son bras droit vers l’arrière et les arrondis du drapé qui le couvre soulignent le mouvement que son souffle, dessiné par quelques rayons blancs-gris sortant de sa bouche, impulse à la conque sur laquelle se trouve dressée Aphrodite, telle une voile. Sur l’île, une jeune fille, vêtue d’une robe large dans les tons blancs et gris fleurie de bleu, l’attend. Selon l’Hymne homérique 6, il s’agit de l’une des « Saisons au diadème d’or [qui] l’ont accueillie gentiment, lui ont mis des habits divins ». Le motif fleuri de sa robe qui répond aux fleurs entourant Zéphyr et Chloris suggère la personnification du Printemps, sur le même modèle que dans l’allégorie du Printemps (1477 ou 1482, tempera sur bois, musée des Offices, Florence). Le peintre présente une déesse à qui la seule beauté physique suffit à conférer un caractère divin : délicatesse de la carnation, harmonie des proportions, chevelure blonde longue ondulée, léger contraposto (déhanchement)… Seul le voile pourpre richement brodé dont l’Heure s’apprête à envelopper Aphrodite s’apparente aux riches parures ornant la déesse, détaillées dans le texte de l’Hymne homérique 6.

Le tableau reprend, dans ses grandes lignes, la mythologie liée à la naissance d’Aphrodite, bien que Botticelli représente un épisode qui s’apparente davantage au débarquement à terre de la déesse qu’à sa naissance proprement dite.

La naissance de Vénus à travers les arts : représentation du nu comme élément de permanence

Seule déesse du panthéon gréco-latin représentée nue dès l’Antiquité, Aphrodite pour les Grecs, ou Vénus dans la mythologie latine, constitue pour les artistes un sujet de prédilection dans la représentation du nu féminin.

Peut-être une légère évolution peut-elle se dégager dans l’art moderne : les artistes épurent les éléments liés à l’épisode de la naissance, les personnages secondaires sont inexistants ou marginalisés. Dans cette période de l’histoire de l’art où l’argument mythologique à la figuration du nu féminin s’étiole, les artistes se concentrent désormais sur la déesse et s’extraient des contraintes de représentation du récit de sa naissance. C’est la figure même de Vénus, née des eaux, qui l’emporte sur la narration (Auguste Rodin, Henri Matisse, Odilon Redon).

Chez les artistes contemporains, le nu n’est plus tabou. Il devient même central et l’insistance sur la plasticité des formes féminines en vient à briser l’érotisme frémissant qui pouvait habiter les représentations antérieures. Les thèmes mythologiques s’avèrent de plus en plus délaissés par des artistes qui puisent essentiellement leurs sources d’inspiration dans la société qui les entoure. Aussi les quelques œuvres se référant à la naissance de Vénus sont-elles davantage de l’ordre de la réécriture que de l’innovation artistique (David Lachapelle, Terry Gilliam).

Synthèse

Vénus anadyomène : une mise en récit de la naissance

La mer et l’écume : deux éléments essentiels sur lesquels s’appuient les représentations artistiques liées à la naissance d’Aphrodite, les artistes proposant une interprétation très libre des autres détails du mythe. D’où le qualificatif d’anadyomène (« sortant du sein des eaux ») qui lui est souvent associé. Pourtant rares sont les représentations qui mettent en scène l’émergence-même de la déesse.

L’émergence

  • Le triptyque Ludovisi (environ – 460), musée Altemps, Rome

Il s’agit d’une œuvre centrée sur la sortie des eaux d’Aphrodite, plus précisément d’un bas-relief originaire de Locres, cité d’Italie qui rendait un culte important à cette déesse. Il est exceptionnel par la finesse de la sculpture et la sensualité qui se dégage de la divinité. Elle est, en effet, vêtue d’une tunique légère, au drapé fluide, comme mouillé, qui épouse avec délicatesse les formes de son torse. La finesse de la sculpture illustre avec soin l’art grec classique du Ve siècle av. J.-C.

Sur le panneau central : le moment même de la naissance, celui où la déesse émerge des flots, soulevée de l’écume par les Heures qui l’accueillent et la parent.

Deux femmes, de profil, occupent chacun des côtés. Vêtues d’une robe au drapé finement sculpté dans le marbre, elles se tiennent debout sur des rochers, apparents sous leurs pieds, penchées vers un personnage féminin central, dont elle cache le bas du corps par un drap tendu entre elles.

Le personnage central (Aphrodite) est vu de face, sa tête tournée vers la gauche tandis que ses deux bras s’élèvent vers les femmes latérales.

Sur les panneaux latéraux, on observe une femme voilée offrant de l’encens ainsi qu’une musicienne nue jouant de la flûte. La déesse de l’amour est accompagnée, dès sa naissance, par l’amour sacré et l’amour profane.

  • Vénus sortie des eaux, TITIEN, 1525, peinture sur toile

Déesse solitaire qui semble davantage sortir du bain qu’être en train de naître, la déesse est présentée nue, l’eau jusqu’à mi-cuisse. Elle tord sa longue chevelure blonde dans un geste naturel, la tête légèrement penchée. Nulle Heure pour l’accueillir ou Zéphyr pour la pousser vers le rivage ; seule la présence d’une petite coquille Saint-Jacques bercée par les flots sur sa droite permet d’identifier la déesse de l’amour.

Écume est à peine suggérée par quelques traits blancs autour des cuisses de la jeune femme. Celle-ci a des formes généreuses et une carnation laiteuse qui s’accordent avec les canons de beauté de la Renaissance vénitienne.

Le tableau présente une composition horizontale. Une première ligne est structurée par Vénus, présentée nue, allongée sur les flots, dans une pose alanguie. Ses jambes sont légèrement pliées l’une sur l’autre et ses bras relevés sur son visage créent une torsion du buste qui s’offre ainsi pleinement au regard. Une deuxième ligne horizontale, quoique sinueuse, est tracée par les cinq putti qui assistent curieux à l’éveil de la déesse. Deux d’entre eux soufflent dans des conques annonçant ainsi sa naissance aux dieux comme aux mortels.

La présence d’une écume abondante, sous le buste d’Aphrodite, d’un blanc lumineux qui contraste avec les cheveux blonds et les rosés de la carnation, donne une illusion de mouvement ; mouvements des flots qui conduiraient la déesse vers le rivage (une île est présente en arrière-plan), mouvement de l’écume provoquée par l’émergence de Vénus. La jeune femme ne semble point troublée par cette dynamique.

Le corps est harmonieux, représenté dans une tension délicate et maîtrisée qui évoque clairement les poses des modèles nues dans les ateliers ou écoles des Beaux-Arts. Le dessin soigné et les subtiles nuances de couleurs ne laissent pas beaucoup de place à l’émotion dans cette représentation très académique de Vénus qui connut un vif succès lors de sa présentation au Salon de 1863.

Vénus sans artifice

  • La naissance de Vénus dans un vase tubulaire, RODIN, 1895-1919, plâtre et céramique, musée Rodin, Paris

La venue à la vie de la déesse : une jeune femme nue, à genoux, en appui sur ses mains. Sa tête relevée vers l’avant crée, avec la cambrure du dos, une ligne sinueuse qui fait écho à la forme circulaire du vase qui l’accueille. Une attitude novatrice dans la représentation du mythe.

L’épisode de la naissance ne semble être qu’un prétexte à la représentation d’un nu féminin, tout comme pour Cabanel. Alors que pour Cabanel, la pose était classique, Rodin propose une attitude qui semble extraite de la vie quotidienne : celle de la toilette mais le tub, souvent représenté chez les peintres (Degas, Bonnard…), est ici un vase !

L’association étonnante d’un vase à taille réelle et d’une jeune femme à échelle réduite donne à l’ensemble un humour subtil.

L’utilisation d’un élément externe combiné avec une statue façonnée par l’artiste est fréquente chez Rodin à partir des années 1890.

  • Vénus à la coquille, MATISSE, 1930, bronze, musée Matisse, Nice

L’association de Vénus et de la coquille (ici la coquille Saint-Jacques) n’est pas particulièrement originale ; ce qui l’est, c’est le mouvement suggéré de la femme.

Le titre donné à l’œuvre ne permet pas d’affirmer qu’il s’agit d’une représentation de la naissance de la déesse mais il nous semble assister à une éclosion. Posée sur la coquille qui sert de base à la sculpture, la femme a les jambes repliées vers elle tandis qu’elle étire son torse, les bras croisés derrière la tête. Les formes généreuses de ses hanches contrastent avec la ligne oblongue de son torse que sa tête prolonge.

Une variation sur une femme à la toilette ou l’épanouissement d’une déesse qui s’ouvre à la vie ? Quoiqu’il en soit, l’impression d’émergence est bien présente. Voici une Vénus qui aurait pu être anadyomène.

La naissance d’une déesse nue

La plupart des Vénus qualifiées d’anadyomène par les artistes, sont des femmes qui ont achevé leur sortie des eaux. Elles sont représentées debout, nues et offrent leur grâce au regard.

Elle est particulièrement emblématique de ce type de représentation.

Elle est composée par un cadre vertical dont la jeune femme occupe le centre. La déesse est posée sur une écume moutonnante et se coiffe dans une attitude qui permet l’étirement de son corps et aussi son dévoilement.

Le tiers inférieur de la toile est chargé de putti admiratifs dont l’animation (baiser sur le pied, lancer d’une flèche…) tranche avec l’attitude placide de la déesse.

L’œuvre illustre parfaitement la fonction de la déesse : celle de chanter la beauté et l’amour. Représenter Aphrodite, et plus encore sa naissance, est donc un prétexte parfait pour représenter le corps féminin dans sa nudité.

Un prétexte mythologique à la représentation du nu féminin

Dans l’Antiquité gréco-latine, les déesses sont représentées vêtues. Or Aphrodite de par sa qualité de déesse de l’amour est la seule divinité féminine à pouvoir légitimement être représentée dévêtue. L’exercice est d’autant plus intéressant pour les artistes que les sources littéraires antiques vantent sa beauté physique et le soin qu’elle porte à ses charmes.

Vénus, éclatante de beauté, est assise dans une coquille portée par deux tritons.

Rien n’indique qu’il s’agisse là de la naissance de la déesse, il semble plus juste d’y voir une représentation de son triomphe, un thème mythologique « fortement apprécié dans les arts décoratifs romains » (Louvre.fr, rubrique « œuvres choisies », « antiquités grecques, étrusques et romaines : art romain »). L’œuvre est intéressante en cela qu’elle atteste que la déesse de la beauté est un argument à la représentation du nu féminin, et cet argument perdure jusqu’à l’époque de l’art académique, au XIXe siècle.

Dans l’art occidental, le nu n’a plus la primeur des représentations lorsque la religion chrétienne devient une source d’inspiration quasi absolue des artistes. Seule Ève est représentée dénudée. Le nu revient dans l’art, après avoir occupé une place de choix dans l’art gréco-latin, seulement à partir de la Renaissance. Les épisodes mythologiques, en particulier ceux transmis par les métamorphoses d’Ovide, offrent aux artistes, sculpteurs et peintres, des occasions multiples d’exalter la nudité masculine comme féminine. Les canons de beauté établis par Vitruve et Lysippe gardent leur rôle de modèle (il faut ainsi comprendre La naissance de Vénus de Botticelli tout comme celle peinte par Ingres en1848 et conservée au musée Condé, Chantilly).

Vénus, debout, occupe le centre du tableau ; la composition de celui-ci s’organise autour de l’axe que son corps constitue.

Dans une pose figée, la déesse se tient sur une coquille marine d’un blanc immaculé, au centre de tritons et de nymphes enlacés dont certains soufflent dans des conques pour annoncer la naissance de la déesse. Rien ne vient masquer la nudité de l’héroïne qui s’offre au regard dans un déhanchement appuyé, les bras pliés au niveau du visage laissant le corps dégagé et étiré.

Corps peint avec soin, le dessin et la précision anatomique priment sur les émotions. Toutes les caractéristiques de l’art académique sont concentrées dans l’œuvre. L’attitude de Vénus rappelle le travail sur modèle vivant en atelier.

Quatorze années plus tôt, Manet en présentant Olympia (1863, huile sur toile, musée d’Orsay, Paris, présentée au Salon en 1865) avait provoqué le scandale. Pour la première fois, aucun argument historique ne venait justifier la représentation d’un nu, sujet assumé du tableau. Bouguereau se réfugie, pour sa part, derrière les codes de la peinture académique, celle qui est saluée aux Salons, qui honore la peinture d’Histoire et lui réserve les grands formats.

Déesse de l’amour profane

  • Naissance de Vénus, FRAGONARD, 1753-55, huile sur toile, musée Grobet-Labadié, Marseille

La déesse est représentée allongée sur un nuage d’écume. La tête légèrement relevée, elle porte à son visage un petit bouquet de fleurs tenu dans sa main droite. Elle s’offre gracieusement à ses admirateurs.

Sa chair opulente et laiteuse, son port de tête gracile, ses pommettes marquées et sa chevelure relevée en un chignon complexe parsemé de fleurs en font l’archétype de la femme rococo, à l’époque où Madame de Pompadour régnait à la cour de Louis XV. Fragonard était d’ailleurs le peintre favori de la maîtresse royale et connaît la disgrâce au moment où cette dernière est supplantée dans le cœur du roi par la comtesse du Barry.

La narration de la naissance semble secondaire. Seule l’écume fait référence aux sources antiques. La jeune femme est entourée de bouillonnants personnages féminins et masculins, dénudés, aux poses toutes plus lascives les unes que les autres. La présence de deux dauphins aux pieds de la déesse donne au peintre l’occasion de dessiner chutes de reins et cambrures suaves.

Objectif du peintre : disserter autour de l’amour charnel, voire du badinage. Le sujet mythologique est l’argument idéal à l’exposition décomplexée de nus.

Fantasme de l’amour charnel et de l’idéal de la beauté féminine, Vénus est ici tournée en dérision par Rimbaud.

Véritable poésie de la laideur, sa Vénus dont « la graisse sous la peau paraît en feuilles plates » sort d’une « vieille baignoire » et sent « un goût/ horriblement étrange ».

Le réalisme impitoyable de sa description inspire un sentiment de répulsion conforté lorsque les tatouages de la femme révèlent son nom « Clara Vénus », une antiphrase qui fonctionne parfaitement.

Une symbolique érotique

Vénus / Aphrodite en tant que déesse de l’amour profane et des pulsions passionnelles de l’amour est ainsi liée à l’idée de fertilité. À cet égard, la représentation d’un coquillage bivalve ou d’une conque, dans les œuvres liées à la représentation de sa naissance, se charge d’une connotation érotique, souvent affirmée chez les artistes de la fin du XIXe et du XXe siècle.

La coquille

La présence d’une conque portant Vénus n’est pas précisée dans la Théogonie d’Hésiode. Elle est pourtant un attribut majeur de la déesse lors de sa naissance, dès l’Antiquité. « Dans l’architecture, la déesse est souvent représentée par une statue placée sous une niche à la forme de coquille. Concernant la peinture, seul l’exemple tardif (IIIe siècle ap. J.-C.) de la célèbre fresque de la Maison de Vénus à Pompéi nous est parvenu. La déesse apparaît sur un coquillage qui pourrait être une bucarde à côtes, telle qu’on en trouve au large de l’Afrique de l’Ouest – c’est-à-dire aussi loin que s’étendent les routes commerciales romaines » (dossier pédagogique de l’exposition « Coquillages et Crustacés » présentée au musée des beaux-arts de Brest du 12 mai au 24 octobre 2010).

Déesse dans une coquille ouverte. Il s’agit toutefois plus probablement de son triomphe que de sa naissance. En effet, terres cuites, bijoux ou mosaïques associent dès le IVe siècle av. J.-C. la coquille Saint-Jacques entrouverte et la déesse, nue ou légèrement drapée. Le thème de « Vénus à la coquille », Vénus allongée ou Vénus debout, est récurrent dans l’art, y compris dans la sculpture, mais il s’agit davantage de son triomphe que de sa naissance.

Une attitude, riche pour la sculpture, évoque toutefois clairement la naissance : celle d’une jeune femme accroupie, contenue dans une coquille qu’elle entrouvre en poussant de ses bras les deux valves du coquillage (J. M. CHRISTEN, Vénus à la coquille, fin XVIIIe, plâtre, Bâle, collection particulière ; James PRADIER, Vénus à la coquille avec dauphins, vers 1840 plâtre, musée d’art et d’histoire, Genève).

  • Les artistes du XIXe et du XXe siècle

Les artistes du XIXe et du XXe siècle se réapproprient le coquillage, comme symbole de fertilité, et donnent à la déesse une attitude empreinte de sensualité. Il occupe ainsi le berceau de la déesse dans nombre d’œuvres peintes ou sculptées : Naissance de Vénus de Gustave MOREAU, Naissance de Vénus par Raoul DUFFY (1937), Vénus à la coquille (sculpture de Matisse 1930, bronze, Musée Matisse, Nice) ou la représentation sur un vase par GUÉRIN en 1880-90 (vase, musée d’Orsay).

La coquille Saint-Jacques est le coquillage privilégié dans la plupart des représentations. Odilon Redon, peintre symboliste, choisit l’huître et le symbole sexuel est très clair dans sa Naissance de Vénus, daté de 1912 (huile sur toile Museum of Modern Art, New York). Dans cette toile qui regroupe les caractéristiques du mouvement symboliste, les contours du coquillage, peuvent suggérer les lèvres pubiennes entre lesquelles une Vénus, nue, au visage et aux cheveux flous avance.

Quelques réécritures contemporaines de la naissance de Vénus de BOTTICELLI

L’homme assis à la gauche de Vénus souffle dans l’une des conques tandis celui assis sur sa droite tient le coquillage sur son pubis.

Si la plastique des modèles est telle que la suavité des poses semble presque glacée, les symboles érotiques sont eux présents.

  • Les aventures du baron de Münchausen, film réalisé par Terry GILLIAM en 1988

Transcription cinématographique.

Alors que le baron et ses acolytes mangent dans la salle de Vulcain, la femme de ce dernier vient leur rendre visite. De la fontaine monumentale présente dans la pièce surgit une coquille Saint-Jacques tirée par deux amours. Vénus se révèle au fur et à mesure que les valves du coquillage s’écartent. Elle adopte la même pose que dans le tableau de Botticelli. Deux femmes viennent alors la draper afin qu’elle se présente parfaitement parée aux invités de son époux. L’œillade appuyée au Baron ne laisse aucun doute quant au fait qu’elle incarne, ici, l’amour charnel.

  • Campagne publicitaire des hôtels Renaissance (groupe Marriott) réalisée par l’agence Worldwide en 2007

Une réécriture bien peu érotique qui fait davantage référence au tableau de Botticelli qu’au mythe.

Reprise de la pose de la Vénus de Botticelli, mais habillée d’une courte nuisette, une femme pose devant une piscine naturelle aménagée. Le personnel de l’hôtel figure les Heures, attentives à ses besoins : se sécher, boire, manger. L’amour charnel est bien loin !

Textes de références, arts et littérature, bibliographie et sitographie

Textes de référence

HÉSIODE, Théogonie, 190-200.

Hymnes homériques

  • Hymne 5 à Aphrodite

  • Hymne 6 à Aphrodite

  • Hymne 10 à Aphrodite

HOMERE, Iliade, V, 370

Arts et littérature

Sélection iconographique

Sélections littéraire, musicale et cinématographique

Bibliographie, sitographie

  • Ouvrages généraux :

GUISARD P. et LAIZÉ C. (dir.), Les Dieux et les hommes, Paris, Ellipses, 2010.

MARTIN R. (dir.), Dictionnaire culturel de la mythologie gréco-latine, Paris, Nathan, 1994.

SARTRE M., « Le propre de l’homme grec », in L’Histoire, n°345, septembre 2009.

VERNANT J.-P., Mythe et société en Grèce ancienne, Paris, la Découverte, 2004. (première édition en 1974 à la Librairie François Maspero).

  • Vénus et le coquillage :

LAPAIRE Claude, "Vénus dans une coquille, deux statuettes de James Pradier, sources et postérité"

PIGALLET Mathilde, CAILLAREC Arzhela, « Coquillages et Crustacés » dossier pédagogique de l’exposition présentée au musée des Beaux-Arts de Brest (12 mai – 24 octobre 2010)

  • Description d’œuvres relatant la naissance de Vénus :

BUSSAGLI M., Le Corps, anatomie et symboles, éditions Hazan, 2006.

Le site internet du Musée du Louvre : rubrique « œuvres choisies » pour une description de certaines des pièces conservées au musée du Louvre

Le site internet du Musée d’Orsay : rubrique « collections » et « œuvres commentées » pour une description de certaines des pièces conservées au musée d’Orsay

NUAGE DE MOTS-CLEFS
Lexique : Anadyomène
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Référence du document

« Ferrec Solenn, La naissance de Vénus » , 2012 , IESR - Institut Européen en Sciences des Religions , mis à jour le: 16/12/2016, URL : http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/ressources-pedagogiques/fiches-pedagogiques/naissance-venus

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