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Cycle 4 (5e - 3e)



Sommaire

Les faits religieux sont toujours aussi peu présents dans la définition des objectifs généraux du cycle, qui insistent sur la construction d’un individu responsable.


En ce qui concerne le socle commun, le domaine 3 (la formation de la personne et du citoyen) évoque assez vaguement le respect et le dialogue des cultures, et demande à l’enseignement moral et civique de montrer que la laïcité préserve la liberté de conscience et l’égalité des citoyens.
Le domaine 4 (les systèmes naturels et les systèmes techniques) invite à travailler l’histoire des sciences en liaison avec l’histoire des sociétés humaines. Même si le programme n’y incite pas spécifiquement, cela peut être l’occasion de faire la différence entre savoir scientifique et croyances religieuses.
Le domaine 5 (les représentations du monde et l’activité humaine) doit permettre aux élèves de s’ouvrir aux mondes lointains et à la diversité des cultures et des croyances. Les faits religieux ne sont pas cités, mais il est possible de les évoquer à cette occasion.

  • En français, une des compétences à acquérir consiste à établir des liens entre des productions littéraires et artistiques issues de cultures et d’époques diverses. Il est possible de prendre en compte la dimension religieuse de certaines œuvres. De même, l’étude des œuvres majeures depuis l’Antiquité peut comprendre des œuvres qui nécessitent le recours aux faits religieux pour être analysées. Le programme propose, dans le cadre de l’EPI culture et création artistique, d’étudier les Mille et une nuits en lien avec l’étude de la civilisation islamique.
  • L’enseignement de langues vivantes continue d’insister sur la découverte culturelle et la relation interculturelle, sans référence directes aux faits religieux bien que ceux-ci puissent être mobilisés à cette fin. 4 thèmes d’étude sont proposés :
    - langages ;
    - école et société ;
    - voyage et migrations ;
    - rencontre avec d’autres cultures.
    Parmi les objectifs, les élèves doivent découvrir l’imaginaire d’autres cultures, formule suffisamment large pour permettre la prise en compte de la dimension religieuse même si, plus loin, la rencontre avec d’autres cultures est limitée à repères historiques et géographiques ; patrimoine historique et architectural ; inclusion et exclusion.
  • Le programme d’arts plastiques insiste sur l’expression artistique des élèves. Toutefois, une des compétences à acquérir est se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, ce qui implique l’identification des caractéristiques et l’analyse de certaines œuvres. Dans certains cas, il sera alors possible de faire référence aux faits religieux, bien que le programme n’en parle pas explicitement.
  • L’éducation musicale se concentre surtout sur l’expérience des élèves, qu’il s’agisse de pratique ou d’écoute. Néanmoins, l’étude de quelques grandes œuvres musicales représentatives du patrimoine français, européen, occidental et non-occidental peut être l’occasion d’évoquer la musique religieuse.
  • L’histoire des arts a dans ses objectifs la compréhension de l’œuvre d’art. L’élève doit être capable de décrire, associer une œuvre à une époque, analyser et interpréter. Dans certains cas, l’approche des œuvres peut se faire par les faits religieux. Certains thèmes proposés comportent implicitement une dimension religieuse :
    - les mythes fondateurs et leur illustration ;
    - la question de l’image entre Orient et Occident : iconoclasme et discours de l’image ;
    - l’artiste, ses inspirations et ses mécènes dans les cités-État italiennes.
  • L’histoire a tendance à faire disparaître les questions religieuses à mesure que la chronologie se déroule. En 5e, le Moyen Âge est l’occasion d’études des faits religieux car y trouve des sociétés marquées par la religion. Le thème 1 (Chrétientés et Islam, VIe – XIIIe s.) est en réalité l’occasion de montrer comment naissent et évoluent les empires. Dans ce cadre, la religion est un facteur explicatif important [de l’unité ou de la division de ces empires]. Le thème 2 (Société, Église et pouvoir politique dans l’Occident médiéval, XIe – XVe s.) nécessite le recours (implicite) aux faits religieux dans la mesure où la société féodale [est] empreinte des valeurs du christianisme. Le thème 3 (Transformations de l’Europe et ouverture sur le monde aux XVIe et XVIIe s.) est aussi l’occasion de traiter des faits religieux pour l’étude du monde au temps de Charles Quint et de Soliman et magnifique et de humanisme, Réforme et conflits religieux. Le programme explique que les bouleversements de cette époque invitent à réinterroger les relations entre pouvoirs politiques et religion. Par la suite, les faits religieux sont plus difficiles à invoquer. Le programme de 4e prévoit d’étudier les changements culturels majeurs qui se produisent au XVIIIe – XIXe s., ce qui peut offrir une possibilité de référence aux faits religieux. Cependant, la religion est présente de manière négative. Le thème 2 (L’Europe et le monde au XIXe s.), est l’occasion de voir comment la pensée scientifique continue à se dégager d’une vision religieuse du monde, et le thème 3 (Société, culture et politique dans la France du XIXe s.) ne fait référence au religieux que dans l’étude de la séparation des Églises et de l’État. Néanmoins, la colonisation, étudiée dans le cadre du thème 2, peut aussi être l’occasion de voir comment l’islam réagit à l’expansion de l’Europe. En 3e, les faits religieux ne sont guère utilisables que dans l’analyse des conflits dans le monde depuis 1989 (thème 2 : le monde depuis 1945).
  • En géographie, le programme se concentre sur le développement durable, la mondialisation et les flux.
  • En physique et chimie, la compétence Expliquer, par l’histoire des sciences et des techniques, comment les sciences évoluent et influencent la société peut être l’occasion de recourir aux faits religieux, et de faire la différence entre démarche scientifique et discours religieux.
  • De même, les sciences et vie de la Terre peuvent envisager cette question à travers la compétence identifier par l’histoire des sciences et des techniques comment se construit un savoir scientifique et distinguer ce qui relève d’une croyance ou d’une idée et ce qui constitue un savoir scientifique.

Si on s’en tient à la lettre du programme, les faits religieux sont peu évoqués : ils ne sont explicitement présents que dans le programme d’histoire de 6e lors de l’étude de la Méditerranée antique. La religion n’est mentionnée qu’en histoire, aux périodes anciennes : passé la Réforme, il n’en est plus question.
Cependant, il existe de nombreuses entrées possibles pour l’étude des faits religieux. Certains aspects du programme d’histoire peuvent être enrichis par la prise en compte des faits religieux. Les arts plastiques, les langues vivantes et l’histoire des arts invitent à étudier la dimension culturelle des œuvres et des sociétés, ce qui implique la prise en compte de la dimension religieuse. L’histoire des sciences mise en œuvre en physique-chimie et en SVT peut bénéficier du recours aux faits religieux, que ce soit pour comprendre l’évolution de la compréhension du monde, mais aussi pour faire face à des questions polémiques liées à la mise en concurrence de la science et des opinions religieuses.

 

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