IESR - Institut européen en sciences des religions

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[compte-rendu]: Compte-rendu d'ouvrageSEDGWICK Mark. J, Le soufisme, Paris, Cerf, Bref n°57, 2001, 148 p.
Trad. de l’anglais par Jean-François Mayer, trois annexes : une sélection d’adages du soufi Ibn Ata Allah, glossaire, bibliographie

Biographie(s) :

Résumé

Après le rappel sur les origines mal connues du soufisme, le premier chapitre le définit comme une pratique « orthodoxe » de l’islam qui met l’accent sur la dimension ésotérique. Ses deux plus grands théoriciens sont al-Ghazâlî (1059-1111) et Ibn al-‘Arabî (1165-1240). Le chapitre 2 « Comment être soufi ? » décrit les pratiques particulières au soufisme (obéissance au shaykh, dhikr), l’intensité du sentiment d’appartenance à une communauté soumise au shaykh qui incarne le « modèle » à suivre pour progresser dans la connaissance de Dieu (Irfân). Le soufisme est structuré en « ordres » (chap. 3) qui portent en général le nom de grands shaykh, « Amis de Dieu » conformément à un portrait type (p. 64). La création d’ « ordres » soufis se poursuit aujourd’hui en Occident parmi les immigrants ou chez des Occidentaux en quête de spiritualité.

Le chapitre 4 s’attache au rôle important des soufis dans des domaines variés, économique, social, politique mais aussi militaire.

Le dernier chapitre montre les difficultés rencontrées par le soufisme dans l’histoire : attaques des théologiens (Ibn Taymiyya (1263-1328) ; Abdel-Wahhâb (1703-1792), accusations des salafistes, mépris des élites urbaines (Égypte), hostilité de l’État (Turquie…). Alors que le soufisme connaît une « éclipse » mais tente de survivre en s’adaptant, l’Occident le découvre et cherche en lui un possible ressourcement.

Points forts

  • Un ouvrage pédagogique agréable à lire, nourri de la connaissance des textes soufis, de l’islam, et de l’expérience vécue par l’auteur dans les sociétés islamiques. A l’inverse de nombreux ouvrages publiés en Occident sur le soufisme (par exemple E. Geoffroy qui s’intéressent essentiellement à la spiritualité soufie) celui-ci vise à donner au lecteur des repères historiques clairs et à cerner le soufisme tel qu’il est réellement perçu et vécu dans les sociétés islamiques.

  • Le choix judicieux d’un vocabulaire de base, repris dans le lexique, permet de mieux saisir la « nature » profonde du soufisme. Exemples : nafs (le moi, siège des instincts, l’égoïsme) que veut contrôler le soufi ; la silsila (la chaîne qui relie un shaykh au Prophète), preuve de l’autorité du Maître ; la baraka (pouvoir spirituel des grands shaykhs).

  • La narration vivante de pratiques populaires : les mawlids des saints (fêtes de « l’anniversaire ») au Caire (p. 32-33) et les visites aux saints (voir C. Mayeur-Jaouen, Lieux d’Islam) et sur les visites aux cimetières du Caire (G. Al-Qadi).

  • Les exemples du rôle historique du soufisme, trop souvent occulté: en particulier les djihâds contre la colonisation, les dominations étrangères (au Soudan), les gouvernements (Turquie) ; une analyse de sa fonction sociale.

Utilisation possible dans les programmes scolaires

Les indications relatives à la présence de l'étude des faits religieux dans les programmes sont disponibles dans la rubrique "Programmes scolaires".

Référence du document

Recension : « SEDGWICK Mark. J, Le soufisme, Paris, Cerf, Bref n°57, 2001, 148 p. », IESR - Institut européen en sciences des religions, mis à jour le : 16/05/2008, URL : http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index3692.html