IESR - Institut européen en sciences des religions

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[compte-rendu]: Compte-rendu d'ouvrageNASR Seyyed Hossein, Islam, perspectives et réalités, Paris, Buchet-Chastel, 1991, 222 p.
Traduit de l’anglais [1966] par H. Crès, préface de Titus Burckhardt, glossaire.

Biographie(s) :

Résumé

Ce livre, traduit en plusieurs langues et souvent réédité en anglais, reprend des conférences données à l’Université américaine de Beyrouth en 1964-1965. L’auteur présente en six chapitres « l’essence » de l’islam, en réponse à l’argumentation des orientalistes occidentaux qui en contestent ses aspects essentiels.

La sélection bibliographique et les références privilégient les auteurs musulmans et les orientalistes « bienveillants », Titus Burckhardt, René Guénon, Frithjof Schuon… (p. 16) L’islam est présenté suivant un plan classique : « religion primordiale » (chap. I) et dernière religion du cycle prophétique, l’islam, concept « universel », est fondé sur l’unité. Un « pacte éternel » (mîthâq) lie Dieu à l’homme et le Coran, « miracle » de l’islam, a été reçu par un Prophète « illettré » (ummî).

S. Hossein Nasr répond aux critiques qui présentent le Coran comme « incohérent » (chap. II). Le chap. III est une présentation apologétique du Prophète, dont la fonction de « roi » a masqué la perfection que seules peuvent dévoiler l’étude du hadîth et de la Sunna. Selon l’auteur la sharî‘a (chap. IV) est mal comprise du monde occidental. C’est une Loi divine, codifiée définitivement par les deux courants de l’islam  et soulignent qu’entre les interprétations, sunnite et shî’iste, les différences sont mineures (héritage, mariage).

Le chap. V présente les racines coraniques du soufisme(voir Éric Geoffroy et Mark Sedgwick) et sa doctrine centrale : l’unité de l’être et l’homme à la ressemblance de l’univers.

Dans le dernier chapitre, sunnisme (voirE. Weber, L’islam sunnite traditionnel) et shî’isme (voir M.-A. Amir-Moezzi et Christian Jambet) nesont pas considérés comme deux traditions opposées maiscomme deux interprétations « orthodoxes » de la Révélation, deux dimensions essentiellement théologiques.

Points forts

  • Présentation par un universitaire musulman de « l’essence » de l’islam en accord avec le point de vue traditionnel (voir la contribution d’A. Guellouz au Fait religieux ). L’auteur adopte une position souvent défensive et réfute les « accusations » et les incompréhensions qu’il attribue aux Occidentaux. Il condamne toute tentative de critique moderne. On pourra opposer sa démarche apologétique à la Critique du discours religieux d’un autre universitaire musulman, Nasr Abû Zayd.

  • Des concepts importants de la doctrine islamique sont explicités : l’unité de Dieu, tawhîd ; le « Pacte originel » entre Dieu et l’homme (mîthâq); les niveaux de significations du terme musulman (p. 33-34).

  • L’auteur s’adresse à un public majoritairement chrétien, insiste sur les « similitudes » et les différences qui existent selon lui, entre l’islam et d’autres religions, en particulier le christianisme.

Utilisation possible dans les programmes scolaires

Les indications relatives à la présence de l'étude des faits religieux dans les programmes sont disponibles dans la rubrique "Programmes scolaires".

Référence du document

Recension : « NASR Seyyed Hossein, Islam, perspectives et réalités, Paris, Buchet-Chastel, 1991, 222 p. », IESR - Institut européen en sciences des religions, mis à jour le : 24/05/2007, URL : http://iesr.cerimes.fr/index3674.html