IESR - Institut européen en sciences des religions

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[compte-rendu]: Compte-rendu d'ouvrageABOU ZEID Nasr, Critique du discours religieux, Arles, Sindbad/Actes Sud, La bibliothèque arabe série l’Actuel, 1999, 224 p.
Essais traduits de l’arabe (Égypte) par Mohammed Chairet. Deux schémas, notes.

Biographie(s) :

Résumé

N. Abû Zayd a sélectionné pour le public français six textes représentatifs de l’évolution et de l’unité de sa pensée, publiés en arabe dans les années 1990.

Le premier marque sa rupture avec les études coraniques traditionnelles : N. Abû Zayd prend position pour une « méthode analytique critique » du Coran, sans mettre en doute son origine divine.

Le second texte expose l’ancienne controverse entre les théologiens sur le Coran « incréé » ou « créé » (thèse des mu‘tazilites) et il défend la thèse de l’historicité du Coran.

Le troisième texte, « Lire les textes religieux » à l’origine des poursuites engagées contre l’auteur, décrit l’échec des « pionniers », les penseurs de la Nahda incapables de soumettre le Texte sacré auxrègles de la critique textuelle.

Le quatrième essai est consacré à l’étude de la Tradition prophétique à travers l’exemple de l’imam Shâfi‘î (767-820) reconnu en islam comme le fondateur de la « Voie médiane » en jurisprudence islamique. Le cinquièmeattaque,comme le troisième, les représentants de la tradition religieuse, il met à nu les postulats et les mécanismes les plus importants du discours religieux islamique contemporain.

Le dernier texte reproduit un article paru dans la revue londonienne an-Nâqid, il présente les grands axes de la pensée de Mohammed Arkoun à partir de ses œuvres traduites en arabe et soulève quelques interrogations sur cette vaste entreprise.

Points forts

  • Le courage de l’auteur et la vigueur de ses positions. Tout en argumentant pour défendre ses thèses, il fait usage d’une plume acerbe contre ses détracteurs et ne se laisse tenter par aucune concession.

  • L’exposé sur une question de théologie pointue : les arguments développés fin du VIIIe et au IXe siècle par les théologiens mu‘tazilites en faveur du Coran « créé », avec un schéma explicatif (p. 43). Il est intéressant de mieux connaître ce courant de pensée dont se rapprochent des « nouveaux penseurs de l’islam », par exemple M. Arkoun ou l’universitaire tunisien Mohammed Talbi…

  • Une analyse fine du discours religieux de l’islam contemporain étayée d’exemples. Modéré ou extrémiste, ce discours de nature idéologique présente une grande cohérence (réduction de tout phénomène à un principe unique, Dieu ; recours sélectif au « patrimoine » des Anciens ; réduction de la pensée à la religion ; rejet de l’histoire ; recours à l’anathème, intolérance, rejet viscéral de la laïcité…).

  • Sur Sayyid Qotb, figure majeure des Frères musulmans, la critique (texte V) des concepts de souveraineté (hakimiyya) et d’ignorance (djâhiliyya), toujours repris et présents dans les discours des islamistes contemporains.

Utilisation possible dans les programmes scolaires

Les indications relatives à la présence de l'étude des faits religieux dans les programmes sont disponibles dans la rubrique "Programmes scolaires".

Référence du document

Recension : « ABOU ZEID Nasr, Critique du discours religieux, Arles, Sindbad/Actes Sud, La bibliothèque arabe série l’Actuel, 1999, 224 p. », IESR - Institut européen en sciences des religions, mis à jour le : 10/01/2008, URL : http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index3493.html